La clinique

Présentation

La Chesnaie est une clinique psychiatrique, en milieu ouvert, accueillant une centaine d'hommes et femmes de tous âges, venant du Loir-et-Cher et de la Région Centre, aussi bien que des centres urbains de l'ensemble du territoire ou d'autres pays francophones.

L'institution prend en charge des patients souffrant de troubles mentaux aigus ou chroniques nécessitant des soins intensifs, et de longue durée, le cas échéant.

Les traitements biologiques et physiques classiques sont associés à un travail psychothérapique, individuel, ou en groupe dans un environnement stimulant, (vie associative, contrats d'activité, ateliers de production et d'expression).

Les soins sont assurés par une équipe de moniteurs ayant à la fois une pratique de soignants et des expériences professionnelles variées et complémentaires.

Renseignements administratifs

Raison sociale :
S.A. Clinique de Chailles au capital de 300 000 euros
N° Siret : 337 536 601 00012
N° Finess : 410000293
Nature des soins : Psychiatrie institutionnelle
Création : En 1956 par le Dr Claude Jeangirard

Personnel :
6 Médecins dont :
Directeur: Dr Jean Louis Place
Personnel médico-social : 67
Personnel administratif, services généraux : 19
Statut conventionnel :
Texte réglementaire : Annexe XXIII du décret 56-284 du 9 mars 1956 réglementant les maisons de santé pour maladies nerveuses et mentales.
Etablissement conventionné avec la Caisse Régionale d'Assurance Maladie du Centre par arrêté préfectoral en date du 9 novembre 1995.

L'histoire de la Chesnaie

Cliquez pour agrandir l'imageLa clinique de Chailles a été ouverte en juillet 1956. Le fondateur, le Dr Claude Jeangirard, ancien élève de Daumezon et de Henry Ey, avait 31 ans. Il était porté par le courant issu des travaux appelés ultérieurement psychothérapie institutionnelle et qui résultaient des enseignements de la période de guerre et des idées nouvelles, humanistes, progressistes et inspirées par la psychanalyse. Un rapport au ministère, dû notamment aux Drs Le Guillant, Daumezon et Sivadon, médecins des hôpitaux psychiatriques, en était la charte en 1948. Il remettait en cause la dimension et le fonctionnement des hôpitaux psychiatriques, et préconisait la création d'unités d'une centaine de lits pour se substituer à ces grandes unités ingouvernables et inhumaines.

Le but de la création de la Chesnaie était donc d'innover en appliquant des soins principalement aux grands malades du service public, ce qui veut dire séjour long, et surtout, principe fondamental, poursuite des soins et de la prise en charge tout au long de l'évolution des malades, par des moyens appropriés et diversifiés, y compris au-delà de l'hospitalisation, préfigurant déjà l'idée de réseau.

Cette conception différait de celle des cliniques privées traditionnelles, dont les prises en charges se limitaient généralement aux états aigus ou subaigus, sans intervention prévue lors des différentes périodes de sédation ni à fortiori de dispositifs faits pour recevoir la chronicité lorsqu'elle s'est constituée en psychose chronique.

Il fallait donc des installations d'un type nouveau où le personnel et les malades aient la possibilité de vivre dans une sorte de communauté mutuellement consentie et débarrassée des contraintes imposées dans les mentalités par l'idée de la folie : l'enfermement comme allant de soi, comme allait de soi que la parole ou les actes des malades soient sans conséquence, sinon au mieux que réclamer la compassion et une surveillance instrumentée. Or ni murs ni clés ont rapidement justifié la gageure : les symptômes les plus massifs s'estompaient en quelques jours, faisant place à des relations d'un nouveau genre scellées par l'appartenance à un séjour accepté comme non persécutif.

La réalisation matérielle était facilitée par les circonstances de l'époque. Un château avec de nombreux bâtiments annexes convenait à la méthode, et son acquisition était relativement peu coûteuse ; paradoxalement l'entreprise inspirait confiance aux organismes prêteurs. Les exigences matérielles de l'après-guerre en matière de confort n'étaient pas insurmontables et les spécifications de l'annexe XXIII du décret de mars 1956 n'étaient pas un obstacle, tant pour les installations que pour le personnel. Un seul infirmier DE étant exigé, sur l'effectif de trois soignants pour dix malades, ce qui permettait d'accueillir les compétences très diverses d'animateurs, de sociologues, de jeunes universitaires, artistes ou psychologues, aussi bien que des militants de différents mouvements issus de l'après-guerre et de la Résistance et que la psychiatrie naissante « passionnait ».

En juin 1956, une convention passée avec la Caisse Régionale d'Assurance Maladie de la Région Centre établissait la capacité de la clinique à 45 malades, puis, 60 malades dans les deux années suivantes. L'effectif soignant était d'une trentaine de personnes, 3 infirmières, 1 assistante sociale, 2 puis 3 médecins et une psychologue vacataire.

La psychothérapie sous ses diverses formes, inspirée de la psychanalyse --application nouvelle dans ce cadre- était le fondement de la relation de soins, au sein de laquelle les techniques proprement médicales (Electrochocs, Insuline, Cures de sommeil) trouvaient leur meilleure efficacité, pratiquées d'ailleurs "autrement" tandis que les neuroleptiques, récemment apparus et se développant, apportaient une amélioration des conduites relationnelles en les enrichissant grâce au démantèlement des délires qu'ils procurent en règle générale, et au rétablissement d'une meilleure capacité pragmatique. On notera qu'à cette époque -chose qu'on ne peut imaginer maintenant- les malades améliorés étaient susceptibles de retrouver des emplois, modestes mais rémunérés, qu'il convenait de soutenir après leur sortie par un suivi approprié.

Dés l'origine, une part importante provenait des hôpitaux psychiatriques de la région parisienne. La région blésoise apportait plutôt des pathologies moins profondes telles que les dépressions ou troubles névrotiques, et demandait aussi d'admettre les personnes âgées déficitaires.

En ce qui concerne les premiers, généralement jeunes psychotiques, il a été rapidement nécessaire d'étendre notre activité à Paris et, dès 1959, un foyer a été ouvert sous l'égide du Club, qui a permis au personnel de surveiller les soins ambulatoires en même temps qu'il facilite pour certains la poursuite d'études ou de formations.

La psychothérapie institutionnelle

La clinique de la Chesnaie a été fondée sur le socle théorique de la psychothérapie institutionnelle et a su maintenir ses principes fondateurs 48 ans après.

L'institution thérapeutique, ici la clinique de Chailles, constituée de la clinique et de ses satellites, les associations et leurs prolongements, est le contenant qui rassemble les discours psychiatriques, psychanalytiques, politiques, sociologiques indispensables au traitement souvent prolongé d'une personne et de la prise en compte de son destin. Dans sa définition, la psychothérapie institutionnelle n'est qu'anticipation, mouvement des idées, recherche et accueil de nouvelles scènes soignantes. Elle doit être génératrice d'histoires individuelles et collectives, programmées ou inattendues, comme les vraies choses de la vie.

La Chesnaie est une clinique psychiatrique recevant pour des soins de longue durée des patients présentant des troubles mentaux le plus souvent graves, évoluant depuis des années, ayant reçu pour la plupart d'entre eux de nombreuses réponses médicales hétérogènes et déliées. La clinique assure également des soins pour la plupart des symptomatologies aiguës (hormis les troubles des conduites quand elles apparaissent au premier plan) et y répond à l'aide de techniques modernes avec la même efficacité (qui peut le plus peut le moins) quand l'indication de l'hospitalisation est bien posée, que dans tout autre lieu de soins. L'utilisation des chimiothérapies, la mise à distance de l'environnement affectif quand il est pathogène, la reconnaissance de l'appel à l'autre que constitue le symptôme, permettent en effet maintenant aux équipes de contredire l'idée que la discipline psychiatrique est impuissante à soigner. Mais cela restera une guérison du symptôme. Seule la psychothérapie, quelle que soit sa forme, en tant que fondamentalement traitement par la parole, peut répondre aux effets de remaniements bouleversants, parfois définitifs, que constitue la survenue d'un processus psychiatrique dans l'organisation de la personnalité. Quand le symptôme est plus ou moins aigu, destructeur et déstructurant, la restauration est longue, difficile, aléatoire, parsemée de crises, de rechutes et d'abandons dépressifs : un praticien isolé dans son cabinet ou son bureau de dispensaire, aussi doué et expérimenté qu'il puisse être, ne peut assumer de telles entreprises de soins : Seule une institution - en tant que système de médiation pour faciliter l'échange de la parole - où il accomplira sa tâche le lui permettra. La Chesnaie, établissement parmi beaucoup d'autres, s'est donné les moyens pour répondre à cette demande très spécifique de soins que peut être la restauration de la personne, de son intégrité psychique.

L'institution n'a pas de limite géographique ; ce sont les personnes qui travaillent et qui se soignent ensemble qui la constituent à la condition que ces personnes se causent, fassent cause commune. Cela peut être un établissement ou un service de secteur. Regrettons, en passant, l'usage tout à fait malheureux du terme de désinstitutionalisation à la place de celui de deshospitalisation : ce dernier suffisait largement pour décrire le mouvement de sortie des malades mentaux hors des murs psychiatriques. Aujourd'hui le signifiant a rattrapé les différents acteurs et sans avoir à parler d'externement arbitraire, le drame de la solitude et de l'isolement touche un nombre croissant de malades mentaux particulièrement désarmés, compte tenu de leur propension à l'autisme, pour y répondre.

L'institution ne peut se penser qu'en tenant compte de ce qui s'y passe, s'y construit, y évolue, en articulation avec l'environnement sous tous ses aspects ; et donc en expérimentation permanente, non comme spéculation gratuite, non comme tentative de se « mettre à l'écart », mais comme laboratoire théorico-pratique au service de tous, et avant tout des malades, ainsi que des collaborateurs des ces derniers que sont les soignants en santé mentale.


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